Saint Martin de Boubaux


Les Vernédes entre 1915 et 1935:



Afin de se remémorer la vie, sur notre commune, voici moins d’un siècle, Saint Martin Info a interviewé le 4 mai 2005 Arthur ISSARTE né le 8 janvier 1915 aux Vernédes.

 

Les Vernédes est un très joli mas cévenol situé non loin du Galeizon dans la partie haute de celui-ci.

 

Mes origines

Ma mère était une Laval, originaire du Coustel une petite maison située sous le village de Saint Martin, aujourd’hui cette maison est pratiquement totalement détruite. Cette maison ne comprenait que deux pièces : une salle de jour, cuisine et une chambre. Pourtant cette maison avait permis d’élever 6 enfants. Il n’y avait pas d’eau à proximité pour la consommation, il fallait aller la chercher avec des seaux à une source distante de 150 mètres environ chez une voisine.

Du coté de mon père, mes grands-parents étaient fermiers-cultivateurs au Gas, puis ils sont allés tenir l’auberge de la maison neuve, sur la route d’Alès, enfin ils ont acheté la petite propriété des Vernédes. Mon père travaillait en tant qu’exploitant agricole aux Vernédes.
En fait, ma famille était une famille typique des Cévennes, mon père Arthur et ma mère Lydia conduisaient la petite exploitation agricole. Nous étions 6 enfants Elise, Marthe, moi-même, Roger, Arlette et Simone. Mais pour subvenir aux besoins de notre famille, qui ne bénéficiait d’aide d’aucune sorte, les parents devaient aller faire des saisons dans des exploitations agricoles plus riches du Languedoc alors que nous les enfants nous nous occupions avec l’aide d’une voisine, Marthe Soustelle, de gérer le quotidien durant leur absence.

La batteuse :

Le père et la mère partaient à la batteuse à partir du mois de Juin. Maman était chargée de faire la cuisine aux ouvriers, papa participait à la moisson et au battage du grain. La poussière et la chaleur rendaient ce travail particulièrement pénible.
Leur équipe se déplaçait de village en village au fur et à mesure de l’avancement des travaux. Ainsi cette période pouvait durer jusqu’à la saison des vendanges.
Malgré la dureté du travail, la saison de batteuse était particulièrement appréciée parce qu’elle représentait un apport financier pour la famille et les propriétaires responsables de l’équipe de travail recevaient leurs ouvriers avec respect. Ce sont eux qui fournissaient les ingrédients participants à la confection des repas, et chaque semaine l’équipe avait droit à quelques portions de viande de type poulet ou lapin.

Les vendanges :

Cette saison en Languedoc permettait aussi de compléter les revenus de la famille. Elle était plus courte, 3 semaines en moyenne.
Les Issarte faisait partie de la colle de Clémenceau BOISSIER, célibataire honorablement connu dans le pays qui habitait à Valgréges non loin du Pendedis.
Clémenceau vivait lui aussi de diverses activités : il était le représentant local d’un agent d’assurance d’Alès dont la compagnie se nommait la Union et Phénix Espagnol ». A ce titre il passait chaque année dans les foyers qui avaient contracté une assurance auprès de cette compagnie pour encaisser les primes correspondantes.
Clémenceau exerçait aussi le métier de boucher itinérant, c’est à dire qu’il se rendait dans les fermes ou l’exploitant voulait vendre ou abattre un mouton, un chevreau, etc. Il tuait la bête sur place, découpait celle-ci et rangeait les morceaux dans sa « desque »( grand panier plat en osier et châtaignier), ensuite il parcourait la campagne pour vendre ces pièces.
Lorsque son service se limitait à abattre la bête au bénéfice du patron alors il était récompensé par un repas de midi.
Le samedi matin, Clemenceau se rendait, par le biais des transporteurs locaux : Lauriol ou Plantevit, ou Verdelhan, au marché à la Grand Combe pour tenir un banc avec agneaux, chevreaux, pélardons et quelques fruits et légumes de la propriété.

Enfin Clémenceau était responsable d’une équipe de vendangeurs, s’était lui le chef de colle !
Dans les années 1930 c’était une vingtaine de personnes qui composaient cette colle, Arthur et Lydia ISSARTE faisaient partie de cette équipe.

A cette époque la rémunération se faisait sur la base du forfait, soit au pied de vigne( environ 1 sous le pied), soit aux nombres d’hectolitres de vin produit. C’était le chef de colle qui avait la mission de choisir le type de forfait en début de saison. Bien sur selon les années une option était meilleure que l’autre, aussi l’ancienneté du chef de colle pouvait être un atout précieux pour le bilan financier de l’équipe.

En vendanges celle-ci travaillait du lever du jour jusqu’à la nuit. La colle c’était une organisation de type mini société qui se mettait en place pour la période des vendanges. En général, le patron de l’exploitation vinicole, mettait à disposition de l'équipe de vendangeurs les locaux pour l’hébergement, mais l’organisation des repas revenait à cette dernière. Ainsi pommes des terres, haricots, concombres étaient descendus des Cévennes pour pouvoir confectionner les repas. Pour pouvoir retourner avec un maximum d’argent, on n’achetait jamais de la viande.
Par contre, à l’époque ou l’on tuait le cochon, la plus part des familles confectionnaient un saucisson beaucoup plus long que la moyenne pour emporter en vendanges : » la tripe lise ». Cette charcutaille était la seule ressource en protides pour l’équipe.
Chaque jour, le patron donnait trois litres de vin aux porteurs et deux litres aux coupeurs.
Même par temps de pluie on allait à la vigne, distante du mas de 2 à 3 kilomètres à pied. Lorsque malheureusement il pleuvait plusieurs jours de suite, le travail devenait pénible, les chaussures restant collées dans la boue.

Après avoir fait les vendanges dans le Languedoc, nous faisions les vendanges beaucoup plus modestes aux Vernédes. Nous produisions beaucoup de baco, isabelle, concorts, clinton, cépage maintenant prohibé, qui a fait les délices de beaucoup de Cévenols. Personnellement, il ne m’a pas empêché de venir à 90 ans. Aux Vernédes nous produisions environ 20 hectolitres.
Les raisins provenaient essentiellement de treilles réparties sur la propriété.
Il fallait acheminer à dos d’homme les raisins produits à Terraillon sur le versant opposé, les charges pouvaient atteindre 80 kg, en général on faisait une pause avant d’atteindre le fouloir.
Le vin produit n’était guère alcoolisé : 8 à 10°selon les années, aussi il arrivait que quelques fonds de barriques se piquent. Ce vin là n’était pas pour autant perdu. Avec la raque( marc de raisin) nous amenions cela au brûleur (le distillateur ) Bonnet au Malhutier qui produisait une eau de vie de qualité moyenne, mais qui outre le rôle de confectionner des canards ( café + eau de vie) lors des veillées permettait d’avoir un désinfectant efficace lors de blessures accidentelles.

Le moulin :

Mon père et moi, nous fument sans doute les derniers meuniers de Saint Martin.
Mon père était propriétaire d’un moulin fonctionnant à l’énergie hydraulique dans le Galeizon au-dessous des Vernédes.
L’eau, prise au Galeizon, était emmenée dans la « boutade( le bassin de 20 à 30 m3) à partir du Galeizon par un canal d’une trentaine de mètres taillé dans le rocher. Le détournement du ruisseau vers le bassin se réalisait à partir d’un barrage confectionné à partir de pieux de bois de châtaignier.
Lorsque le bassin était plein, on arrivait à le remplir deux fois par jour, le fonctionnement du moulin était assuré pour une heure.
Ce moulin était performant pour l’époque. Il comprenait deux jeux de meules. Un jeu était utilisé pour la fabrication de la farine de châtaignes et l’autre était réservé pour moudre seigle, orge ou blé.

Les produits les plus transformés étaient les châtaignes blanches, on transformait des céréales mais en moindre quantité. A cette époque nombre de sous bois de châtaigneraies et de faisses étaient semées en seigle ou orge
Les clients amenaient leurs produits à dos d’homme jusqu’au moulin. Ils venaient des hameaux voisins : Prades, Malhutier, Espinassous, etc.
La matière première était déposée dans un coffre au premier étage du moulin. Une trappe réglée manuellement par le meunier permettait d’alimenter le jeu de meules. Un dispositif mécanique mais automatique permettait de faire avancer les châtaignes vers l’orifice de la meule supérieure qui les conduisait par gravité a se faire écraser entre celle-ci et la meule inférieure.
La farine produite était dirigée manuellement vers le coffre de réception.
A la partie inférieure du moulin, un dispositif par roue à aubes en bois de châtaignier entraînait un axe moteur en bois également.. L’eau utilisée pour faire tourner cette roue à aube était alors redirigée par un canal d’évacuation dans le Galeizon distant d’une dizaine de mètres.

Pour nettoyer les meules, il fallait relever la meule supérieure avec cordes et palans.
Les fournisseurs de matière première revenaient chercher leur farine quelques jours plus tard.
En 1925, le meunier gardait environ 10% de la production comme paye de son travail.
Le fonctionnement du moulin des Vernédes s’est arrêté peu avant le début de la seconde guerre mondiale.

L’exploitation agricole :

Les travaux saisonniers ne servaient que comme appoint dans l’economie familiale, ils ne permettaient pas de faire vivre toute la famille durant l’année. Comme pratiquemment toutes les familles cevenoles les revenus permanents provenaient de l’élevage, de la basse-cour, de l’exploitation de la chataigneraie à fruits..

L’élevage :

Quelque chévres alimentaient la famille en lait et permettaient la fabrication du fromage.
Une trentaine de moutons permettaient la production d’agneaux qui étaient vendus aux maquignons de passage.
Notre famille tenait un « cabra », c’est à dire que durant la saison de Juillet à Septembre, les voisins nous confiaient leurs chèvres afin qu’elles puissent se faire insiminer par les boucs du troupeau.
Ainsi s’étaient jusqu'à une centaine de caprins qui étaient confiés à la garde des enfants de la famille. Ce troupeau paissait par les massiéres, le long du Galeizon, à l’ébés ( coté opposé au versant des Vernédes). A cette époque les berges des ruisseaux étaient propres, les masiéres aussi, les animaux étaient exclusivement élevés avec de la nourriture naturelle et de pays !
Ce surplus temporaire de chèvres permettait une production accrue de lait et donc de pélardons.
Outre l’élevage des moutons et des chèvres, nous élevions 4 ou 5 cochons
Comme nos avions toujours des problèmes de trésorerie, Mirabeau VERDELHAN charcutier au Pin qui se rendait hebdomadairement sur les marchés d’Alès, nous apportaient les petits cochons vers le mois de Mars.
Nous élevions ces animaux jusqu’à ce qu’ils atteignent les deux cents kilos environs, avec betteraves, pommes de terre, châtaignes farine de châtaigne, etc.
Lors de la saison du bajana, le cochon progressait d’un kilo par jour environ. Ils étaient gras, mais le lard était à l’époque une denrée fort appréciée.
Lorsque le temps de l’abattage était venu, nous gardions un cochon pour notre consommation personnelle. Le tuage du cochon étant toujours une fête à laquelle participaient les voisins en tant qu’aides mais aussi pour faire un repas convivial à base de cochonnailles fraîches.
Les autres cochons étaient vendus à Mirabeau qui récupérait ainsi sa mise de départ.

La basse-cour

Comme toutes les familles cévenoles nous disposions d’une basse-cour pour l’alimentation familiale en œufs et pour pouvoir de temps en temps manger une volaille. Quelques lapins permettaient aussi de confectionner de temps en temps un civet.

La châtaigneraie :

La propriété des Vernédes était assez petite, 20 hectares environs, aussi mon père louait des terrains pour faire paître les bêtes. La partie châtaigneraie se situait sur 8 hectares environ.
Le ramassage des châtaignes durait deux mois environs. On ne laissait pas perdre une châtaigne. Sur les terrains à forte pente, nous confectionnions des bennades, sortes de petites barrières en bois et en pierres, afin que les fruits ne roulent pas dans la propriété du voisin d’en dessous.
Durant la période de la cueillette des châtaignes, lorsque le temps devenait orageux, nous nous dépêchions d’aller cueillir les fruits dans les beals(canaux d’irrigation des terrains cultivés) et les trincats( canaux de canalisation de l’eau pluviale dans les châtaigneraies) afin d’éviter que le flux d’eau n’emporte les châtaignes.
Nous faisions quatre clédes pour le séchage des châtaignes, trois aux Vernédes et une à Terraillon.
J’étais chargé du maintien du chauffage de la cléde, apport journalier de bois de châtaignier et des « pous », poussière de l’écorce de décorticage, qui assurait une bonne fumée et une combustion lente du feu surtout la nuit.
Après une quarantaine de jours de séchage la châtaigne, devenue « croubélude », était décortiquée avec le pissaire manuel, puis on passait la châtaigne décortiquée au Ventaire afin de séparer la blanchette de ses peaux., On obtenait ainsi d’un coté la « bajane » et d’un autre la « pous », certaines châtaignes blanches n’ayant mal résisté au décorticage se brisent et produisent les « brises », ingrédient nécessaire à l’engraissage des agneaux.

Les loisirs :

Un certain nombre de jeunes bergers se retrouvaient sur les zones de pâtures à l ‘ébés, et sur un terrain presque plat, nous avions confectionné un jeu de quilles. Il s’agissait du jeu à trois quilles que l’on aligne et les joueurs distants de 10 à 15m, équipés d’une boule en bois, doivent tomber un maximum de quilles. Pendant que les troupeaux paissaient, les jeunes se perfectionnaient au jeu de quille.

Après la guerre de 39-45 le Galeizon était un ruisseau poissonneux ou l’on trouvait barbeaux, truites, grenouilles. Personne ne péchait à la ligne. Hebdomadairement, à la saison chaude, nombre de jeunes habitants de la vallée, du Pont des Ombres au Gas, à l’heure de la sieste, nous faisions à la main notre plat de truite.
Avec cette façon de faire, on ne prélevait qu’aux endroits ou il y avait peu d’eau, les gourgs restaient des réserves naturelles. Ainsi tant que les pécheurs a la ligne ne sont pas apparus, le Galeizon est resté poissonneux !

Pour se rencontrer avec les jeunes d’autres hameaux, on se rendait à pied aux fêtes du Pendedis et à Saint Martin, la grand loue aux Ayres.
Parfois il y avait une veillée aux Plantiers ou au Malhutier ou Cigogne de Malagrate venait jouer de l’accordéon. accompagné de Franc BRUGUIERE et de son phonographe On dansait dans la cuisine.

Le ravitaillement

Aux Plantiers et à Brasques il y avait des épiceries.
Ces petits commerces de proximité permettaient aux habitants de trouver les produits nécessaires pour la vie courante. On pouvait se fournir aussi bien en chaussures(choix très réduit : galoches ou sandales), qu ‘en produits alimentaires : l’huile, sel, morue, café non torréfié, chicorée, sucre, etc.
Qu’en médicaments rudimentaires : huile de foie de morue !
Ces commerces étaient approvisionnés depuis Alès par les négociants locaux qui descendaient, par le biais de leur attelage de chevaux, fruits et légumes aux marchés et qui de retour ramenaient les produits nécessaires au quotidien.
Comme dans la plus part des fermes, nous avions un four à pain. Tant que nous avions de la farine de seigle, une fois par semaine, mes parents confectionnaient leur pain. Au temps des prunes ou des pommes, il nous arrivait de glisser un morceau de ces fruits dans un peu de patte pour réaliser un dessert fort apprécié.
Quand les provisions de farine étaient épuisées, équipés d’un sac de jute, nous allions à la boulangerie de Saint Martin pour ramener quelques gros pains (2 kgs).
Les pains étaient stockés en hauteur sur des fil de fer tendus. Cette position aérée évitait les moisissures du pain dont la qualité restait médiocre, le pain séchait plus vite et nous en mangions moins !

La santé


Les ennuis de santé simples étaient traités par la prise de tisanes: tilleul, verveine, mauve, etc., d’huile de foie de morue et aussi par de la pose de ventouses.
Ma sœur Simone ayant contracté une coqueluche fut soignée à l’aide de tisane à base de bave d’escargots !
Quand les risques pour notre santé étaient grands, nous allions au docteur à la Grand Combe chez le docteur ARTIERE, se fut le cas notamment mon frère Roger qui a contracté une méningite à 16 ans qui hélas l'a rendu définitivement sourd.

L’école

Nous allions à l’école primaire du Mazel distant de 1.5 km environs. L’institutrice était Madame BENOIT.
Comme la plus part des petits cévenols de l’époque je n’ai suivi qu’un enseignement primaire qui se terminait par le certificat d’études. La famille avait besoin de main d’œuvre et n’avait pas les moyens financiers pour pouvoir faire suivre des études secondaires à un enfant. A la maison nous parlions plutôt en patois, aussi l’école fut un moment important pour nous familiariser avec le Français.
L’école n’était équipée ni de cantine ni de sanitaires, chacun allait faire ses besoins dans la campagne. A midi nous rentrions à la maison pour le repas. Nous étions entre 9 et 15.
Les corrections corporelles ( tirage d’oreilles, coup de règle sur les doigts) étaient admises lors de dérapages dans le travail ou dans la conduite en classe.
Je me souviens d’une anecdote survenue à ma sœur aînée Elise qui avait du commettre une bêtise en classe un mercredi après-midi. Pour la punir, la maîtresse l’enferma dans la salle de cours après la classe, malheureusement elle l’oublia et partit chez elle au Pendedis laissant Elise enfermée.
Or ce jour là, Elise devait aller coucher chez sa copine au Camp, par conséquent nos parents ne s’inquiétèrent pas. Par contre au petit matin du Jeudi, jour sans école, mon père qui comptait sur Elise pour la garde du troupeau s’inquiétât de son absence et se rendit au Camp chez la copine qui racontât la punition infligée.
Mon père se rendit alors à l’école du Mazel ou Elise toujours enfermée et quelque peu terrorisée avait passé la nuit dans le noir et le froid. Une explication franche eue lieu avec l’institutrice, mais sans autre forme de procès.

SMI :


Comme tous les jeunes gens de son époque Arthur ISSARTE effectua deux ans de service militaire, puis il fut rappelé en 1938 lorsque Hitler menaçait d’envahir la Pologne, enfin il fut mobilisé lors de la seconde guerre mondiale. Après la débâcle française il revint aux Vernédes en Août 1940,tout en travaillant à la ferme,.il contribuât à aider le maquis cévenol Il se mariât en 1945 avec Hélène PLANTIER et ils eurent 4 enfants.

Anecdote finale :

Arthur qui fut, durant toute sa vie, un travailleur acharné, finit par user à force d’utiliser des outils à main, son alliance, symbole d’union avec Hélène. Aussi lors de la petite fête organisée en l’honneur des vieux époux et qui célébrât soixante ans de mariage, son épouse lui fit cadeau d’un nouvel et superbe anneau tout neuf et lui fit promettre de continuer à être fidèle !

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